Gu, un paradigme pour penser la mondialisation

Qu’on le nomme Gù (Gou), Ogou ou Ògún, cette très ancienne divinité aux multiples visages, rôles et attributs, ne peut être réduite à un dieu de la guerre, une sorte de Mars exotique, comme c’est souvent le cas en Occident. Depuis l’âge du fer, depuis son arrivée sur terre pour défricher la forêt, installer les hommes et ses frères vodun, Ògún a conquis les continents et est adoré par plus de 70 millions d’adeptes. Prédateur, destructeur, c’est aussi et surtout un créateur, à la fois éclaireur, chasseur et forgeron, militaire, bâtisseur d’empire et révolutionnaire, chauffeur, mécanicien, aviateur ou informaticien. En bref, il incarne le progrès et ses ambivalences. Dans cette perspective, cette communication propose de considérer Gù non comme un objet d’étude, mais comme un paradigme à la fois endogène, cosmopolite et alternatif aux concepts occidentaux de « développement », de « civilisation », de « changement » ou de « progrès ». Un paradigme qui permet à des millions de gens de penser leurs expériences intimes ou collectives des transformations du monde.

Saskia Cousin est maitresse de conférence en anthropologie sociale à l’université Paris Descartes et membre honoraire de l’Institut Universitaire de France. Ses recherches portent sur les « économies de l’altérité », c’est-à-dire les pratiques qui produisent, mettent en circulation et consomment des biens, des images et des relations dont la valeur tient au capital d’altérité qui leur est associé : patrimoine et tourisme culturel, coopération internationale, « art contemporain africain », marchés, hébergements alternatifs, etc. Dans cette perspective, elle étudie différents contextes vécus comme des « contact zones », en Ile-de-France (France), à Porto-Novo (Bénin) et à Dakar (Sénégal). Elle participe également à plusieurs programmes de recherche sur les plateformes et les réseaux sociaux numériques dédiés à l’hospitalité.

Cousin Saskia
Université Paris Descartes / CANTHEL
Institut Universitaire de France

 

Dernières parutions en relation avec le colloque :

  • Cousin Saskia, 2017 (à paraître), « Etat de l’art de Gou. Pérégrinations d’un dieu du progrès, hier et aujourd’hui », dans Maureen Murphy et Didier Houénoudé, Création contemporaine et patrimoine royal au Bénin : autour de la figure du Dieu Gou, HICSA et Presse de l’Université d’Abomey Calavi.
  • Cousin Saskia, 2017 avec Sara Tassi (à paraître), « Un Gou de Blanc(s). Regards porto-noviens sur un ‘chef-d’œuvre’ postcolonial », dans Maureen Murphy et Didier Houénoudé, Création contemporaine et patrimoine royal au Bénin : autour de la figure du Dieu Gou, HICSA et Presse de l’Université d’Abomey Calavi
  • Cousin Saskia, 2016, avec Thomas Apchain, « Anthropologie et tourisme : un tango de l’altérité », Mondes du tourisme n°12.
  • Cousin Saskia, 2016, avec Bertrand Réau. Sociologie du tourisme, Paris, éd. La Découverte, collection « Repères ». (3e éd. remaniée ).
  • Cousin Saskia, 2016 avec Théodore Dakpogan, « Des faïences de Gou », Cahiers d’Etudes Africaines n°, 337-364
  • Cousin Saskia, 2015, « Hidden Heritage? Tourism and Vodun in Benin », dans Wil Munster (dir), Anthropology as a driver for tourism research, Anvers / Apeldorn, Garant Uitgevers.
  • Cousin Saskia, 2014, avec Christine Mengin, « Porto-novo (Bénin) : uma patrimonializaçao frustrada ? » dans Jonuel Gonçalves (ed.) Àfrica no mundo contemporâneo. Estruturas e relaçoes, 371-398
  • Cousin Saskia, 2013, « Extensions du domaine de la restauration. Porto-Novo capitale  », in Christine Mengin et Alain Godonou (dirs.), Porto-Novo : Patrimoine et développement, Publications de la Sorbonne/École du patrimoine africain, Paris/Porto-Novo, 441-460.

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